En bref : la Renault Clio V6 n’a de citadine que le nom. Sous sa carrosserie élargie se cache un V6 de 3 litres monté en position centrale arrière, comme sur une voiture de course. Renault en a produit 2 940 exemplaires entre 2000 et 2005, en deux versions bien distinctes : la phase 1 (230 ch, 2000-2003, assemblée en Suède) et la phase 2 (255 ch, 2003-2005, assemblée à Dieppe). Sur le marché de l’occasion en 2026, il faut compter entre 35 000 € et 70 000 € pour une phase 1, et jusqu’à 110 000 € pour une phase 2 en très bel état. On vous détaille tout : mécanique, design, rareté, différences entre phases et prix réels constatés.
Le moteur central arrière : une disposition rarissime pour une citadine
La Renault Clio V6 se démarque immédiatement de ses consœurs par son architecture mécanique. Contrairement aux Clio classiques à moteur avant, ce modèle intègre un V6 de 3,0 litres (le fameux moteur ESL, 2 946 cm³) en position centrale arrière. Une disposition héritée tout droit du sport automobile, qui maximise la répartition des masses et améliore la tenue de route.
En plaçant le moteur derrière les sièges avant, Renault a offert à cette citadine une dynamique proche des voitures de course. Le centre de gravité s’en trouve abaissé, l’équilibre avant-arrière est quasi parfait. Renault Sport avait déjà exploité cette formule sur la Renault 5 Turbo vingt ans plus tôt ; la Clio V6 en reprend l’esprit, presque à l’identique dans la philosophie.
Beaucoup de passionnés la cherchent d’ailleurs sous le nom de Clio 2 V6, tout simplement parce qu’elle repose sur la plateforme de la Clio II lancée en 1998. Le châssis vient de l’usine de Flins, les moteurs sont fabriqués dans le Nord, mais l’assemblage final change radicalement selon la génération :
- Clio V6 phase 1 (novembre 2000 – juin 2003) : 230 ch à 6 000 tr/min, 306 Nm à 3 750 tr/min, assemblée par TWR à Uddevalla, en Suède.
- Clio V6 phase 2 (juin 2003 – juillet 2005) : 255 ch à 7 150 tr/min, 300 Nm à 4 650 tr/min, assemblée à l’usine Renault Alpine de Dieppe.
Ce basculement de production, en 2003, correspond à une refonte technique complète du moteur menée par le département technologies de Renault Sport : filtre à air doublé de taille, arbre à cames et admission revus, rampe d’alimentation dédoublée, et un nouveau calculateur développé avec des ingénieurs Porsche. On ne parle donc pas d’un simple restylage, mais d’une seconde voiture presque entièrement retravaillée sous le capot.
Cet agencement moteur central impose des adaptations particulières côté refroidissement et échappement, ce qui explique en partie la sonorité âpre et rauque du V6. Revers de la médaille : le volume de coffre est sacrifié. Mais pour une voiture pensée comme une expérience de conduite avant tout, ce compromis passe plutôt bien.
| Caractéristique | Phase 1 | Phase 2 |
|---|---|---|
| Période de production | Nov. 2000 – juin 2003 | Juin 2003 – juillet 2005 |
| Moteur | V6 ESL 3,0 L (L7X-760) | V6 ESL 3,0 L (L7X-762) |
| Puissance | 230 ch à 6 000 tr/min | 255 ch à 7 150 tr/min |
| Couple | 306 Nm à 3 750 tr/min | 300 Nm à 4 650 tr/min |
| Site d’assemblage | Uddevalla (Suède), TWR | Dieppe (France), Alpine |
| Boîte de vitesses | Manuelle 6 rapports PK6 | Manuelle 6 rapports, pont raccourci |
Il est rare qu’une citadine développe une telle identité mécanique. La Clio V6 reste, à ce jour, l’un des seuls modèles de ce segment à avoir reçu un moteur central arrière en série, ce qui explique pourquoi elle continue de fasciner les passionnés vingt ans après son lancement.
Un design radical amplifiant la puissance visuelle et aérodynamique
Au-delà de sa mécanique, la Clio V6 se reconnaît de loin grâce à sa silhouette hors normes. La carrosserie a été entièrement redessinée pour accueillir le V6 central : ailes élargies, bas de caisse gonflés, bouclier avant ajouré. Les prises d’air oversize, nécessaires au refroidissement du moteur et à l’aération des freins, rappellent directement les voitures de compétition. Une bonne partie des panneaux de carrosserie est d’ailleurs réalisée en matériau composite, montée en petite série de façon quasi artisanale – ce qui explique en partie le prix de vente élevé du modèle à l’époque.
Le restylage de juin 2003, qui accompagne le passage à la phase 2, ne se limite pas à la mécanique. Côté look, les différences entre Clio V6 phase 1 et phase 2 sont bien visibles :
- Phase 1 : phares avant ronds, calandre simple, palette réduite à trois teintes au lancement (Rouge de Mars, Bleu Iliade, Gris Iceberg).
- Phase 2 : phares triangulaires, double calandre encadrant le losange Renault, feux arrière redessinés avec cerclage blanc autour des feux de recul, et palette élargie à 14 teintes au total, dont le Jaune Sirius et l’Orange Sanguine devenus emblématiques du modèle.
Ce travail esthétique joue aussi un rôle aérodynamique : diffuseur arrière et bouclier bas favorisent l’appui à haute vitesse, là où la version d’origine souffrait d’un comportement jugé parfois trop nerveux. Un clin d’œil au patrimoine Renault Sport transparaît également dans certains détails, en écho aux badges Gordini et Williams des versions sportives historiques de la marque.
Une anecdote revient souvent chez les propriétaires : la surprise des spectateurs face à cette petite citadine qui semble « avoir tout d’une grande », notamment lors de courses de club où elle tenait tête à des berlines bien plus puissantes sur le papier.
| Élément de design | Phase 1 | Phase 2 |
|---|---|---|
| Phares avant | Ronds | Triangulaires |
| Calandre | Simple ouverture | Double grille autour du losange |
| Feux arrière | Sans cerclage | Cerclage blanc autour des feux de recul |
| Palette de teintes | 3 coloris au lancement | 14 teintes au catalogue |
| Fonction aéro | Prises d’air larges | Diffuseur et bouclier bas optimisés |
La production maîtrisée : rareté et qualité artisanale
À l’époque, Renault a choisi de produire la Clio V6 en très petite série, conscient des contraintes techniques et du positionnement exclusif du modèle. Sur cinq ans de carrière, 2 940 exemplaires ont vu le jour au total : 1 631 unités en phase 1, assemblées en Suède par TWR, et 1 309 unités en phase 2, fabriquées à l’usine Renault Alpine de Dieppe. Une poignée seulement de phase 1 a été produite en configuration volant à droite pour le marché britannique – une variante encore plus recherchée aujourd’hui.
Cette politique de production restreinte a permis à Renault de soigner chaque détail d’assemblage, même si la presse de l’époque a jugé l’intérieur un peu léger comparé à la concurrence. La planche de bord reprend celle de la Clio II RS, avec une sellerie cuir et alcantara et des touches d’aluminium sur le pédalier et le pommeau de vitesses – climatisation, vitres électriques et chargeur 6 CD étaient de série.
Ce choix de production limitée a un impact direct sur la valeur du véhicule aujourd’hui. Sa rareté, combinée à son statut de youngtimer sportif français, en fait une pièce recherchée par les collectionneurs, au même titre que d’autres séries limitées devenues iconiques avec le temps.
| Version | Exemplaires produits | Site d’assemblage | Particularité |
|---|---|---|---|
| Clio V6 phase 1 | 1 631 | Uddevalla (Suède), TWR | Dont ~200 volants à droite |
| Clio V6 phase 2 | 1 309 | Dieppe (France), Alpine | Restylage complet + moteur retravaillé |
| Total production | 2 940 | – | Cinq ans de carrière (2000-2005) |
À titre de comparaison, une Clio classique de la même génération s’est écoulée à plusieurs millions d’exemplaires : la Clio V6, ou Clio 2 V6 comme on la surnomme souvent, ne représente qu’une infime fraction de la production totale, ce qui explique pourquoi elle s’échange aujourd’hui à des prix sans commune mesure avec une Clio II ordinaire.
Des performances sportives soutenues par une technologie issue du sport automobile
La Clio V6 illustre bien le savoir-faire de Renault Sport dans la conception de véhicules compacts et très performants. Le V6 atmosphérique de 3,0 litres, associé à une boîte manuelle à 6 rapports, offre une puissance immédiate et un contrôle précis des accélérations.
Les chiffres diffèrent nettement selon la phase, et c’est justement là que se joue la vraie différence de caractère entre Clio V6 phase 1 et Clio V6 phase 2 :
- Phase 1 : 0 à 100 km/h en 6,4 secondes, vitesse maximale de 235 km/h, poids à vide de 1 335 kg, consommation mixte de 10,1 L/100 km.
- Phase 2 : 0 à 100 km/h en 5,8 secondes, vitesse maximale de 245 km/h, poids à vide de 1 405 kg (un peu plus lourde, à cause des renforts et évolutions techniques).
Le châssis, profondément modifié par rapport à la Clio classique, offre un comportement incisif : suspension MacPherson à l’avant, essieu multibras à l’arrière, freins à disques ventilés de 330 mm à l’avant (4 pistons) et 300 mm à l’arrière (1 piston). Sur la phase 2, le train arrière – l’un des points les plus critiqués de la phase 1 pour son comportement parfois brutal à la limite – a été entièrement retravaillé, avec une géométrie repensée et un berceau redessiné pour un comportement plus prévisible.
Autre évolution notable de la phase 2 : la transmission reçoit un pont plus court, ce qui resserre l’étagement des rapports et améliore nettement les reprises, corrigeant un défaut souvent pointé du doigt sur la phase 1. Les pneus évoluent également, avec une monte plus large à l’arrière pour encaisser la puissance supplémentaire.
| Performance | Phase 1 (230 ch) | Phase 2 (255 ch) |
|---|---|---|
| 0 à 100 km/h | 6,4 s | 5,8 s |
| Vitesse maximale | 235 km/h | 245 km/h |
| Poids à vide | 1 335 kg | 1 405 kg |
| Comportement train arrière | Géométrie critiquée, plus délicat à la limite | Géométrie redessinée, plus prévisible |
| Transmission | Étagement jugé imprécis | Pont raccourci, meilleures reprises |
Ce niveau de performance place la Clio V6 dans la catégorie des voitures de sport capables de rivaliser avec des modèles bien plus prestigieux sur le papier, à l’image de certaines compactes turbo de l’époque. Cette excellence mécanique explique la fascination toujours vive des passionnés pour les Renault à motorisation dérivée du sport.
La valeur actuelle et le marché des collectionneurs
La Clio V6 s’est imposée comme un objet de convoitise chez les collectionneurs, et le marché de l’occasion en 2026 le confirme. Sa production limitée, son moteur central inédit sur une citadine, et son statut de youngtimer Renault Sport ont fait grimper sa cote ces dernières années, parfois de façon spectaculaire.
En pratique, la Clio V6 prix varie fortement selon la phase, l’état général et le kilométrage. Sur les annonces spécialisées et chez les enchérisseurs, voici les fourchettes couramment constatées début 2026 :
- Clio V6 phase 1, état courant / kilométrage élevé : 28 000 € à 40 000 €
- Clio V6 phase 1, bon état, entretien suivi : 40 000 € à 55 000 €
- Clio V6 phase 1, faible kilométrage / exemplaire d’exception : 60 000 € à 70 000 €, voire plus pour un volant à droite
- Clio V6 phase 2, état courant : 45 000 € à 60 000 €
- Clio V6 phase 2, bon état : 65 000 € à 85 000 €
- Clio V6 phase 2, teinte rare / très faible kilométrage : 90 000 € à 110 000 €, comme on a pu le voir sur des ventes britanniques récentes
Avant de se lancer dans un achat de Clio V6 occasion, quelques points de vigilance s’imposent : contrôler l’historique d’entretien du V6 (courroies, refroidissement), vérifier l’état de la carrosserie composite, et confirmer la phase exacte du véhicule, car les annonces confondent parfois les deux générations. Un exemplaire bien suivi, avec factures à l’appui, se négocie toujours plus cher, mais reste un achat plus sûr sur le long terme.
| Phase | État courant | Bon état | Concours / rare |
|---|---|---|---|
| Phase 1 (230 ch) | 28 000 € – 40 000 € | 40 000 € – 55 000 € | 60 000 € – 70 000 €+ |
| Phase 2 (255 ch) | 45 000 € – 60 000 € | 65 000 € – 85 000 € | 90 000 € – 110 000 €+ |
Au-delà de sa valeur d’investissement, la Clio V6 reste avant tout recherchée pour le plaisir de conduite qu’elle procure. Son tempérament sans compromis séduit les amateurs de mécanique vivante, à l’heure où l’électrification gagne du terrain sur le marché du neuf. C’est aussi ce qui justifie la présence de nombreux clubs et événements Renault Sport qui entretiennent la légende de ce modèle unique en son genre.
Questions fréquentes
Quelle est la différence entre Clio V6 phase 1 et phase 2 ?
La phase 1 (2000-2003) développe 230 ch et est assemblée en Suède, avec un train arrière jugé délicat à la limite. La phase 2 (2003-2005), assemblée à Dieppe, gagne 255 ch, un moteur retravaillé avec Porsche et un châssis arrière redessiné pour un comportement plus prévisible.
Combien coûte une Renault Clio V6 d’occasion en 2026 ?
Comptez entre 28 000 € et 70 000 € pour une phase 1 selon l’état, et de 45 000 € à plus de 100 000 € pour une phase 2 en excellent état ou dans une teinte rare. La cote grimpe avec la rareté du kilométrage et l’historique d’entretien.
Pourquoi appelle-t-on ce modèle « Clio 2 V6 » ?
Parce qu’elle est bâtie sur la plateforme de la Clio II lancée en 1998. Le nom « Clio 2 V6 » permet aussi de la distinguer des générations suivantes de Clio, qui n’ont jamais reçu de version à moteur V6 central.
Combien d’exemplaires de Renault Clio V6 ont été produits ?
Environ 2 940 exemplaires au total sur cinq ans : 1 631 en phase 1 et 1 309 en phase 2, ce qui en fait l’une des Renault de série les plus rares de son époque.
La Clio V6 est-elle fiable au quotidien ?
Le V6 ESL est réputé robuste s’il est bien entretenu, mais les coûts de maintenance restent élevés (pièces spécifiques, carrosserie composite). Un entretien rigoureux et un historique complet sont indispensables avant tout achat.
Est-ce un bon investissement d’acheter une Clio V6 aujourd’hui ?
Sa cote a globalement progressé ces dernières années grâce à sa rareté et à son statut culte. Mieux vaut privilégier un exemplaire bien documenté, quitte à payer plus cher à l’achat, pour limiter les mauvaises surprises et préserver la valeur de revente.